À propos de ce produit
Les folles vies de La Joute de Riopelle par Jacques Keable reconstitue le parcours rocambolesque d'une oeuvre.
Au Québec, nous nous entendrons pour dire que la mémoire et la sauvegarde du patrimoine représentent un des derniers soucis des pouvoirs publics. Plus largement, il nous faut toutefois noter que les problématiques soulevées par l'art public ne sont pas nouvelles et expriment en quelque sorte le rapport conflictuel qu'entretient souvent l'art avec la société. Jacques Keable ne manque d'ailleurs pas de soulever quelques anecdotes qui, pour aussi savoureuses qu'elles puissent sembler, n'en demeurent pas moins aberrantes.
En effet, après la dilapidation de l'art religieux et celle des meubles anciens, l'accès à la modernité ne se fait pas sans heurts. Robert Roussil, sculpteur, en fit souvent les frais, Armand Vaillancourt aussi et toute une flopée d'artistes. Les susceptibilités étaient bien fragiles (et le demeurent souvent encore de nos jours) ce qui mènera, en 1969, au mot de Péloquin inscrit dans la très belle murale de Jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec: "Vous êtes pas tannés de mourir , bande de caves? C'est assez!" Il y eut aussi le massacre honteux de Corridart par Jean Drapeau, le cas de l'îlot Fleurie et plusieurs autres oeuvres mutilées ou littéralement bulldozées.
Bien entendu, les réactions du public sont parfois légitimes et dépassent la simple appréciation "savante" de l'oeuvre. Souvent l'art public s'est imposé en dehors de toute consultation et considération pour ceux qui le côtoieront quotidiennement. Il semble que dans l'affaire de La Joute, les divers intervenants, officiels ou officieux, n'aient guère appris du passé. D'abord, La Joute est "une fontaine constituée de 29 sculptures, en bronze, disposées sur des socles fixés dans deux bassins d'inégales superficies, placés l'un dans l'autre." Une oeuvre monumentale donc. Elle fut présentée en version "plâtre" à quelques reprises en France avant qu'un groupe de 11 radiologistes, dont Champlain Charest, ami de Riopelle, décide de s'en porter acquéreur afin d'en faire don. Le but: que l'oeuvre s'intègre dans le complexe architectural destiné à accueillir les Jeux olympiques de 1976.
Selon Yseult Riopelle, "c'est après la conception de La Joute que Riopelle a eu l'idée de l'adapter pour les Jeux." Ici, la politique intervient et une véritable saga s'amorce. La mairie de Montréal, le ministère de la Culture, la Régie des installations olympiques, le Musée d'art contemporain s'adonneront sur un peu plus de 30 ans à un ballet insensé dont l'oeuvre souffrira, jusqu'à se détériorer et sombrer dans l'oubli. Passons sur d'innombrables péripéties évoquées par Keable, mais signalons qu'ils dénotent l'incurie des pouvoirs en place.
Jusqu'au jour où, derrière des portes closes, se dessinent un projet: la délocalisation de La Joute. Il s'agit de déménager l'oeuvre de l'est de Montréal à proximité du Palais des congrès et de la Caisse de dépôt et placement, sous la responsabilité du Quartier international de Montréal. Le Comité SOS La Joute tentera en vain de bloquer ce déménagement, un "rapt" diront certains. Vrai que les tenants de cette "expropriation" sont puissants et nombreux: milieu des affaires et politiciens (Louise Harel, Diane Lemieux, etc.) se donnent la main afin de chaparder aux pauvres de l'Est une oeuvre que saura sûrement mieux apprécier l'élite financière. Facile de laisser tomber en ruines un monument et de se présenter ensuite en sauveurs dudit monument, au mépris de toute éthique qui prendrait en compte les notions d'accessibilité à l'art et d'interaction de l'oeuvre avec son milieu.
La démonstration de Jacques Keable (qui a milité au sein du Comité SOS La Joute) est brillante, la docume
Détails
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Titre exactFolles vies de la joute de Riopelle, Les
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Catégorie
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Date de parution18 février 2009
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ÉditeurLux
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ISBN9782895960737
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Collection (ou série)N/D
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Type de couvertureN/D
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Nombre de pagesN/D
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Contient un cédéromNon
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ArtisteKeable,jacques