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Le chat perché du faubourg
L'écrivain Jacques Poulin, que l'on qualifie de discret et taciturne, nous a accordé une entrevue passionnante à propos de son plus récent roman, L'anglais n'est pas une langue magique.
Ce samedi 21 mars, le printemps s'est engouffré sur la rue Saint-Jean comme un vent du large inondant de soleil les briques du trottoir. C'est dans la tour s'élevant au-dessus du faubourg Saint-Jean-Baptiste, où Jacques Poulin s'est perché silencieusement, à l'abri du bruit et de la fureur, que l'écrivain nous reçoit pour un entretien des plus généreux.
Pourquoi écrivez-vous? Dans mon cas, je crois bien que j'ai commencé à écrire pour voir mon nom dans le journal. Ensuite, je me suis rendu compte qu'il y avait des défauts dans ce que j'avais écrit. Depuis ce temps, j'essaie d'enlever les défauts de mes textes.
Croyez-vous à l'utilité des cours de création littéraire? Pour quelqu'un qui a déjà du talent, je pense que les cours de création littéraire peuvent être utiles. Mais je ne sais pas en quoi consiste le talent. J'ai l'impression qu'il y a une question de travail beaucoup plus importante que de capacité, dans ce domaine-là. Sauf qu'au départ, il doit y avoir une sorte de distance avec ce qui arrive. J'ai eu souvent l'impression que les écrivains étaient des gens qui ne réagissaient pas tout de suite. Les choses s'inscrivaient quelque part à l'intérieur d'eux et ça ressortait sous une forme imaginaire, fictive. Pour ça, il ne faut pas être primaire.
L'anglais est-il une langue magique? À la bataille des plaines d'Abraham, Wolfe a crié "Fire!''" Dans ce mot-là, on entend la balle qui ricoche. Il est fait en deux temps. Tandis que Montcalm a dû dire "Feu!". Feu, c'est un mot éteint d'avance, tout timide et étouffé. C'est comme plein d'ouate, autour. Alors je me disais que Montcalm n'avait aucune chance de s'en tirer, dans un cas comme ça. Les mots anglais ont de ces sonorités, parfois... Par exemple, avoir un flash. Je dois dire que ça m'agace parce que ça gomme les nuances qu'on pourrait employer en français. Parce qu'un flash, ça peut être une idée, un éclair de génie, une intuition, un pressentiment, un sentiment... plein de choses qui sont différentes les unes des autres. Et si l'on dit flash, on perd des nuances dans notre façon de s'exprimer.
Si vous voulez, je vous donne un exemple. Quand Maxime Bernier est allé apporter des gâteaux Vachon aux soldats en Afghanistan. Dans un poste privé à Québec, il y a deux animateurs qui ont discuté de ça. Ils ont dit qu'avant d'y aller, Maxime a consulté les soldats de la Beauce, qui lui ont répondu: "T'es un Beauceron, alors apporte des p'tits gâteaux Vachon!" Et les animateurs trouvaient que c'était une bonne idée. Et l'un d'entre eux a dit: "Il a été tout simplement human." Ça m'a impressionné beaucoup que ce journaliste utilise le mot human, alors que le mot humain, c'est la même longueur, ça sonne pareil, c'est exactement le même sens. Il n'y a pas plus dans human que humain. Pour une fois, ce sont deux mots d'un même poids, qui sont équivalents. Alors, si on est francophone et qu'on emploie human au lieu d'humain, c'est que l'anglais, dans notre tête, a une vertu particulière, qu'on la considère comme une langue magique. C'est comme ça que j'expliquerais mon titre.
Le rêve de l'Amérique française
Y'a-t-il un rêve de l'Amérique française? Oui, probablement. Dans le fond, on doit avoir gardé de nos ancêtres coureurs de bois, voyageurs, trappeurs, et aussi de nos accointances avec les Indiens, une sorte de nostalgie de ce qui serait arrivé si Louis XIV n'avait pas vendu la Louisiane aux Américains pour presque rien. On doit avoir, dans l'inconscient, des traces de ça
Détails
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Titre exactAnglais n'est pas une langue magique, L`
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Catégorie
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Date de parution30 avril 2009
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ÉditeurLeméac
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ISBN9782760928909
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Collection (ou série)N/D
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Type de couvertureN/D
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Nombre de pagesN/D
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Contient un cédéromNon
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Artiste principal
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ArtistePoulin,jacques