La vie et les recherches de Marin Mersenne nous invitent à découvrir une époque foisonnante de l’histoire de la science et la philosophie.
Alliant l’imagination scientifique, les lumières de la raison, les ressources et les méthodes de l’expérience et de l’observation, Mersenne épousa gaillardement toutes les contradictions de son temps – sans toutefois renoncer à l’orthodoxie catholique.
D’une curiosité intellectuelle sans limites, ce moine de mœurs austères qui appartenait à l’ordre des Minimes vécut pendant la première moitié du XVIIe siècle. Cette période de transition entre la Renaissance – curieuse de monstres et de merveilles – et la rationalité de l’Âge classique lui permit de s’ouvrir totalement aux choses de la nature et de la culture (musique, mathématiques, mécanique, optique, astronomie, archéologie, botanique, anatomie, langues…) en conservant un souci de rigueur, de méthode et de classification. Dans la cellule de son couvent parisien, il réunit les plus grands savants de son temps (Pascal, Roberval, Fermat…) ainsi que les philosophes (Descartes, Hobbes, Campanella, Gassendi). Il correspondit avec l’Italie où il se rendit pour rencontrer, entre autres, Torricelli. Il communiqua avec les cercles savants de province (Rouen, Bordeaux…). Il accueillit les étrangers de passage et s’occupa de promouvoir les découvertes scientifiques (il traduisit Galilée et le soutint).
Entremetteur par excellence, il provoqua des rencontres parfois orageuses entre les hommes et les idées et suscita de nouvelles expériences. Il fut de tous les combats de la science contre les dogmes de l’Église et de la scolastique.
Son engagement éclaire tout particulièrement la question des rapports entre le foi et la science.