Dorchester, Massachusetts, aux États-Unis. Une ville de tous les contrastes, de toutes les différences, avec son lot de fastes et de fêtes, de violence aveugle et bornée, de racisme, de richesse et de pauvreté, de miséreux et de misérables, de militants d'extrême droite, du Ku Klux Klan, son lot de pauvres hères hébétés, de retraités, de gosses désœuvrés, livrés à eux-mêmes, d'autres enfants qui se prennent pour des grands. Telle est la ville natale d'Eugène Richards, photographiée ici, sans ménagement, sans concession surtout, en noir et blanc. Des images prises dans les années 70, et formidablement actuelles, saisies toujours à la volée, crues, parfois terrifiantes, rapprochées des sujets, et qui se veulent une petite chronique de la vie provinciale dans une certaine Amérique. Un travail de photojournalisme qui valut à Richards d'entrer chez Magnum en 1978 avant qu'il ne reprenne sa route de l'indépendance, en quête d'autres reportages réalistes. --Céline Darner