Astrid est élevée par sa mère Ingrid, poétesse, belle, blonde, intransigeante, à laquelle elle voue une admiration et un amour exclusifs et sans limites. Toutes deux vivent dans un monde clos où l'homme est objet, soit de mépris, soit de plaisir. Jusqu'au jour où l'impensable se produit : Ingrid, déesse intouchable, tombe amoureuse et finit par tuer son amant médiocre et indigne d'elle.
La découverte du crime, l'arrestation et l'emprisonnement à vie de la mère laisse Astrid, 13 ans, mutilée et marquée à vie. Elle devient l'un des milliers d'enfants abandonnés et placés dans des foyers d'accueil, véritable galerie de portraits de différentes strates de la société de Los Angeles, chacune avec ses lois, ses limites et ses dangers. C'est à travers cette succession de paradis à peine entrevus ou d'enfers vécus dans l'angoisse qu'Astrid, placée dans six foyers, entre 13 et 18 ans, va tenter de se découvrir et de découvrir quelle est sa place dans ce monde.
Cette quête de soi se double d'une véritable enquête, de plus en plus impitoyable, sur la mère, d'abord idolâtrée, puis remise en question, haïe enfin, mais toujours présente et indispensable. Astrid ne pourra savoir qui elle est et ce qu'elle vaut en tant qu'artiste peintre avant d'avoir trouvé la réponse à la question posée à chaque page du livre : qui est Ingrid ? Une mère indifférente, narcissique, monstrueuse ou la mère idéale qui l'a voulue aussi parfaite et libre qu'elle-même ?
Impossible de répondre à cette question avant les dernières pages de cet extraordinaire roman.
Écrit dans un style parfaitement maîtrisé, brillant, sensuel et sophistiqué tout à la fois, Les Lauriers blancs est avant tout un grand livre sur l'amour maternel, la difficulté d'être soi, d'assumer toutes les situations.
Un livre sur l'adieu nostalgique à l'enfance et à la pureté.
Un livre qui vous émeut, vous révolte, vous enchante.
Un livre poignant.