Se nourrir au quotidien en Nouvelle-France, ou la diversité des facettes des modes de s'alimenter aux xviie et xviiie siècles dans la vallée du Saint-Laurent, voilà le menu alléchant que propose Bernard Audet dans cet ouvrage.
Du difficile défrichage, qu'hommes et femmes pratiquaient d'arrache-pied, d'arrache-cœur, jusqu'au ragoût longuement mitonné dans l'âtre et posé, tout fumant encore, devant chaque convive, Bernard Audet recense, analyse et commente les techniques d'acquisition et de conservation, ainsi que la pratique culinaire et les manières de table en usage chez nos ancêtres.
Pour découvrir comment on se nourrissait jour après jour, il s'arrête dans les bourdonnants marchés publics, ainsi que dans les auberges et les cabarets, fameux ou malfamés. Puis, il visite la cuisine des habitants de la Nouvelle-France, ouvre les garde-manger, hume grillades et potages, feuillette les quelques livres de cuisine français qui commencent à s'aligner sur les étagères des cuisines; "Anguille à l'étuvée", "Pigeonneaux en ragoût", "Potage de perdrix aux choux" et autres recettes "ragoûtantes" y défilent. Des cuisiniers originaires de France inspirent aussi la pratique culinaire, sans compter la tradition importée par les femmes, en particulier les quelque sept cents Filles du roi dont un grand nombre sortaient d'établissements où elles avaient appris les rudiments de la cuisine.
Enfin, le lecteur pourra suivre avec l'auteur l'évolution des manières de table dans la colonie. Il découvrira l'espace destiné à la consommation des aliments, les meubles, la composition du couvert individuel. Fait notable, la fourchette apparaît ici en même temps qu'en France, ce qui n'est pas peu dire… Alors, avec une telle richesse d'ingrédients, nul doute que la lecture de cet ouvrage sera des plus savoureuses!